Engobes et émaux
Les engobes sont des coulis d’argile tamisés pour éliminer débris et grumeaux. Selon leur composition ils donnent à la cuisson des tons variant du beige au brun.
Les émaux sont un mélange de roche broyée, de cendres diverses (de pin, de chêne, de lavande, de vigne ...) et d'oxydes en suspension dans l'eau. La cendre est constituée de silice (on l'utilisait pour récurer les casseroles) et de divers sels minéraux tels que la potasse. A la cuisson la silice va se vitrifier tandis que les sels minéraux donneront la couleur. On peut ajouter des sels métalliques; du fer pour le brun, du chrome pour le vert, du cobalt pour le bleu, du vanadium pour le jaune et de la poudre d'or pour le rouge... |
|
Le feu
C’est le moment de la cuisson. La pièce qui a suffisamment durci est placée dans le four et chauffée par paliers à une température qui peut varier de 700 à 1200 degrés. Une fenêtre permet à l'artisan potier de surveiller la cuisson et d’intervenir si elle est trop rapide ou trop lente. Là encore le four électrique a remplacé le four à bois ou à charbon et a permis de maîtriser plus facilement la température. Si la pièce est chauffée trop brutalement, elle se brisera. Si elle contient encore des bulles d’air, celles-ci en se dilatant la feront exploser. Mais si tout se passe normalement, l’argile deviendra dure comme de la pierre. A basse température (700 degrés, tout est relatif !) on obtient de la faïence qui est poreuse et sensible au gel. Aussi pour la conservation des liquides, on utilise de préférence des argiles chargées en silice(1), naturellement ou par ajout, qu’on cuit à 1200 degrés. La silice se vitrifie et donne le grès totalement imperméable. A ces températures, les émaux se vitrifient eux aussi et donnent ces couleurs vives qui étonnent. |
Tant va la cruche à l’eau qu’à force elle se brise…
Les archéologues sont très friands de poteries qu’ils ont dûment classées et répertoriées et qui leur permettent de dater l’occupation de leurs sites. Dans les tombes ils dégagent souvent des jarres d’offrandes intactes mais s’ils tombent sur les lieux d’aisances d’une habitation, ils peuvent y trouver des vases brisés complets, souvent fort beaux et remarquablement conservés, jetés là pour cacher leur perte à la maîtresse de maison.
Pour en savoir plus, voir le Musée Muséum Départemental, 6 avenue Maréchal Foch à Gap, Tél: 04 92 51 01 58 qui présente sur un étage l'histoire de la céramique dans les Hautes-Alpes |